Procès de l'accident de Millas : "La peine n'est pas à la hauteur de ce qui a été vécu", selon l'avocate des parties civiles

La conductrice du car scolaire percuté par un TER à Millas en 2017 a été condamnée pour homicides et blessures involontaires à cinq ans de prison dont quatre avec sursis. 

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Radio France
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Marie Mescam, avocate de 37 partie civiles au procès du drame de Millas. (VALLAURI NICOLAS / MAXPPP)

"La peine n'est pas à la hauteur de ce qui a été vécu", répond vendredi 18 novembre sur franceinfo Marie Mescam, avocate de plusieurs parties civiles, après la condamnation à cinq ans de prison dont un ferme de la conductrice du car scolaire percuté par un TER au passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales) en décembre 2017. L'accident qui avait causé la mort de six enfants.

"Quand on voit qu'il y a six enfants qui ont été tués et 17 qui ont été blessés, on se dit bien que la peine n'est pas à la hauteur de ce qui a été vécu", explique-t-elle. Elle justifie cette décision du tribunal par la "personnalité" de la victime "et le fait que la plus lourde peine qu'elle aura ce sera d'accepter sa responsabilité, ce qu'elle a été incapable de faire en cinq ans. Ça va être le plus dur pour elle."

Selon l'avocate, le profil psychologique de la conductrice permettait de penser qu'il y avait "des risques de suicide en la mettant en prison et je pense que c'est pour ça qu'elle a bénéficié d'une peine qu'on peut considérer comme assez légère par rapport aux faits reprochés."

Questionnée sur le fait que la conductrice était absente lors d'une partie de l'audience parce qu'actuellement hospitalisée, Marie Mescam affirme que ça ne témoigne pas d'une prise de conscience de sa culpabilité : "Elle s'est écroulée non pas à l'audition des victimes mais quand on l'a mise face à ses contradictions. Là, elle s'est écroulée parce qu'elle n'arrivait pas à expliquer et quand on lui demandait de regarder les expertises ou d'écouter les témoignages, elle ne voulait pas les entendre.

"Elle s'est donc écroulée parce qu'elle n'arrivait pas à faire face à cette culpabilité."

Marie Mescam, avocate de plusieurs parties civiles

à franceinfo

"Mes clients n'étaient pas là pour une vengeance"

L'avocate reste persuadée que Nadine Oliveira "pense faire l'objet d'une erreur judiciaire et je ne suis pas sure qu'elle arrivera - psychologiquement - à faire face à cette culpabilité." "Pendant tout le procès, elle s'est conduite comme une victime, jamais comme une coupable", dénonce l'avocate.

"Mes clients n'étaient pas là pour une vengeance", poursuit-elle. "Il n'y avait pas de volonté d'une peine exemplaire et sévère. Ils ont juste demandé justice et donc cette déclaration de culpabilité est un soulagement."

Concernant l'indemnisation de préjudice spécifique réclamée pendant le procès, l'avocate confirme les avoir obtenues en grande partie : "Nous avons réussi à faire reconnaître le préjudice d'angoisse de mort imminente des enfants survivants. Nous avons aussi réussi à faire reconnaître le préjudice d'angoisse d'attente et d'inquiétude pour les parents et les enfants survivants ainsi que le préjudice de camaraderie : tous les enfants qui ont survécu continuent leur vie avec les fantômes pas loin d'eux de ceux qui sont morts ce jour-là", conclut-elle.

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