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Des jeunes Israéliens se tatouent des numéros de déportés

Au moins une vingtaine de jeunes Israéliens ont décidé de se faire tatouer les numéros que portaient leurs grands-parents lors de leurs déportations. Une façon de rendre hommage aux victimes de la Shoah. Une initiative qui fait débat dans le pays.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (Grégory Philipps Radio France)
  1. Un numéro gravé sur l'avant-bras d'Elie Sagir, une
    jeune Israélienne de 21 ans. C'est le même numéro que les nazis avaient inscrit
    sur le corps de son grand-père avant qu'il ne soit déporté vers le camp d'Auschwitz.
    "J'ai demandé à mon grand-père avant de le faire. Il m'a répondu :
    pourquoi tu veux faire ça ? J'ai répondu que le jour où tu ne seras plus
    là, mes enfants m'interrogeront sur ce tatouage et je leur raconterai ton
    histoire"
    . Une démarche également réalisée par la mère d'Elie : "C'est
    ma façon de me souvenir de mon père"
    . Israël compte aujourd'hui 198.000
    rescapés de la Shoah. Leur nombre devrait tomber à 48.000 d'ici 2025.

Lui aussi porte un numéro sur son avant-bras : 172345.
Mais le sien est effacé par le temps. Noah Klieger est un rescapé des camps de
la mort. "Ce sont des jeunes qui veulent perpétuer la souffrance d'un
grand-père ou d'une grand-mère. Je ne vois rien de mal là-dedans"
. Mais
tous ne sont pas aussi conciliants en Israël. Pour Lucien Lazard, historien au
mémorial de la Shoah Yad Vashem, c'est la méthode qui est gênante. "Une
méthode révoltante mais aussi aberrante. C'est contre-indiqué à tous les points
de vus. C'est un geste qui abouti à l'identification avec les victimes. Hors
tous ces jeunes gens ne sont pas des victimes"
.

Autre critique adressée à l'initiative d'Elie et de la
vingtaine d'autres jeunes tatoués recensés : le non-respect de la Torah.
Le texte interdit que l'on modifie le corps de manière irréversible.

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