Affaire McKinsey : le Parquet national financier a ouvert deux informations judiciaires sur les comptes de campagne d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022

Deux informations judiciaires ont été ouvertes par le Parquet national financier en octobre 2022.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Emmanuel Macron prononce un discours lors d'un meeting de campagne à Paris pour l'election présidentielle de 2017, le 17 avril 2017. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Une information judiciaire a été ouverte par le Parquet national financier (PNF) concernant les comptes de campagne d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, a appris franceinfo de source proche du dossier, confirmant une information du journal Le Parisien.

Dans un communiqué, le PNF confirme l'ouverture d'informations judiciaires en octobre 2022 pour "favoritisme", "recel de favoritisme" et "tenue non conforme de comptes de campagne" et "minoration d'éléments comptables dans un compte de campagne", portant sur les "conditions d'intervention de cabinets de conseils dans les campagnes électorales de 2017 et 2022".

Des juges d'instruction financiers ont donc été chargés ces derniers jours de faire la lumière sur les comptes des campagnes électorales d'Emmanuel Macron, et notamment le rôle du cabinet de conseil McKinsey. L'information judiciaire est ouverte "contre X".

La justice doit enquêter "en toute indépendance", réagit l'Élysée

Tout est parti d'une enquête du PNF visant le cabinet de conseil américain McKinsey, soupçonné de "blanchiment aggravé de fraude fiscal" après un rapport sénatorial, qui faisait apparaître que l'entreprise n'avait pas payé d'impôts sur les sociétés en France entre 2011 et 2020. C'est dans le cadre de cette affaire que de nouveaux éléments sont apparus et ont conduit le Parquet national financier à ouvrir cette information judiciaire concernant la campagne électorale d'Emmanuel Macron.

L'Élysée "a pris connaissance de la communication du Parquet national financier concernant l’ouverture de deux informations judiciaires à la suite notamment de plaintes d’élus et d’association". "Il appartient à la justice de conduire ces investigations en toute indépendance", ajoute la présidence de la République ce jeudi soir. "Pas de commentaire", avait dans un premier temps réagi le Palais auprès de franceinfo.

"Je ne vois pas de quoi on parle"

En Macronie, on met en avant l'extrême prudence du candidat, dès la campagne de 2017. "Macron ne voulait pas d'emmerdes", assure un historique. Pour 2022, "je ne vois pas de quoi on parle", affirme de son côté un ancien cadre du parti présidentiel, qui n'a participé qu'à la seconde campagne de l'actuel chef de l'État.

"Ça ne peut pas concerner la campagne de 2022", renchérit une cheville ouvrière de la réélection d'Emmanuel Macron. Il soutient qu'il n'y a eu aucun recours à des cabinets de conseil, que le suivi des comptes a été extrêmement rigoureux et que les échanges sur des points de procédure avec la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) ont été nombreux. Selon cette source, "le trésorier y tenait beaucoup, et le candidat aussi".

Pour l'élection présidentielle de 2022, les comptes de campagne sont bouclés depuis le 24 juin. Jusqu'au 24 décembre, les partis échangent avec la CNCCFP, qui pose des questions sur ce qui peut lui sembler relever d'éventuelles irrégularités. Ces deux sources au sein de la Macronie affirment n'avoir eu aucun contact depuis fin octobre avec le PNF.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Emmanuel Macron

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.