Biodiversité : coup de chaud pour les bulots

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Les pêcheurs sont inquiets car les bulots souffrent du réchauffement de la Manche.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Les bulots de Granville (Manche). (GILBERT GUERRAND / RADIO FRANCE)

Le bulot préfère les eaux froides, c’est pour cela qu’il se répartit entre l’Atlantique Nord, la mer du Nord et la Manche. En France, sa zone de prédilection, c’est la baie de Granville. C’est la première région française et européenne de pêche du bulot et c’est la limite sud de son aire de répartition géographique. Car lorsque l’eau est trop chaude, qu’elle dépasse les 16°C l'été, – l’été 2022 a été emblématique à cet égard –  le bulot s’enfouit dans le sable et les sédiments. Il sort moins pour se nourrir, ce qui le fragilise et les pêcheurs retrouvent davantage de bulots morts dans leurs casiers. Par ailleurs, avec la montée des températures, le bulot se reproduit également moins bien l’hiver. D'où cette inquiétude des pêcheurs et des scientifiques normands.

Ce sont des expériences en laboratoire qui ont montré le lien entre la fragilité des bulots et la chaleur. Des chercheurs ont élevé des bulots, dans ces bacs à différentes températures : dans un bac, l’eau était à la température de référence de la Manche, dans un autre elle était 3°C au-dessus et un dans un dernier, 3°C en-dessous des normales. Les résultats sont formels. La mortalité des bulots augmente avec les températures les plus chaudes qui correspondent à celles de juillet et août. Et leur reproduction est affectée par le réchauffement de leur environnement, puisque le volume de la ponte peut être divisé par deux ou par trois entre le bac d’eau le plus froid et le bac le plus chaud.

S'adapter ou migrer

Deux scénarios sont possibles, explique Eric Foucher, chercheur en halieutique à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) : soit les jeunes générations de bulot finissent par s’adapter à la chaleur mais seront moins nombreuses, soit l'espèce migre plus au nord vers des eaux plus froides, et disparaît  effectivement des côtes normandes.

À ce stade, il est difficile d’anticiper l’évolution. Mais globalement, les scientifiques constatent que ce qui menace la biodiversité n'est plus uniquement la surpêche les espèces marines. C’est de plus en plus le réchauffement climatique. Le même constat a été fait récemment pour le cabillaud. La hausse des températures est désormais majoritairement responsable à (plus de 60%) de la réduction du stock.



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