Lait infantile contaminé : "Nous sommes inquiets pour les semaines à venir", estime le responsable de la FDSEA Mayenne

Philippe Jehan, président de la FDSEA Mayenne, a expliqué, jeudi sur franceinfo, que cette communication négative dans l'affaire du lait infantile contaminé pourrait avoir des répercussions sur les prix et les négociations commerciales.

Philippe Jehan, président de la FDSEA Mayenne, à Laval, lors d\'une manifestation des agriculteurs, le 27 juillet 2015.
Philippe Jehan, président de la FDSEA Mayenne, à Laval, lors d'une manifestation des agriculteurs, le 27 juillet 2015. (MAXPPP)
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"Ce qui est dommage, c'est qu'on sait qui paiera à la fin", a estimé le responsable départemental de la FDSEA Mayenne Philippe Jehan, jeudi 11 janvier sur franceinfo, à la suite de l'affaire du lait infantile contaminé.

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Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé, jeudi, qu'il allait recevoir dans la soirée les représentants de la grande distribution. La direction de Lactalis sera convoquée à Bercy, vendredi, pour faire un point sur la situation du lait contaminé à la salmonelle.

franceinfo : Cette affaire a-t-elle un impact sur les éleveurs ?

Philippe Jehan : Dans un premier temps, non. Par contre, nous sommes inquiets pour les semaines à venir. Cette communication négative pourrait avoir une répercussion sur les prix et les négociations commerciales. On est dans un marché porteur où on peut enfin quasiment vivre de notre métier. Avec cette polémique sans fin, c'est le consommateur et les négociations, qui ont lieu en ce moment avec les moyennes et grandes surfaces, qui pourraient être influencés. Les éleveurs n'ont rien vu poindre dans leurs exploitations, car le lait est redistribué. Nous sommes dans une zone de 3 000 exploitations laitières et 50% de nos laits sont ramassés par le groupe Lactalis pour être ensuite redistribués dans les usines de la Manche ou de l'Orne.

En voulez-vous à Lactalis ?

On aurait pu faire de la prévention. Ce qui est dommage c'est que l'on sait qui paiera à la fin. On l'a eu avec d'autres épidémies comme la crise de la vache folle, on vient tout juste de rouvrir les portes de la Chine alors que la crise est finie depuis plus de 15 ans. Aujourd'hui, s'il faut encore attendre 15 ans pour retrouver nos marchés, ce sera l'éleveur qui paiera et sans doute les salariés des sites incriminés. Le groupe Lactalis ne paiera pas.

Les normes sanitaires sont-elles à la hauteur ?

Elles sont suffisantes. J'en profite pour dire que les services de l'Etat ont respecté à la lettre la procédure. Par contre, les réactions lentes à propos des décisions prises à la suite du choix de l'Etat du 9 décembre dernier sont arrivées trop tard. On aurait pu appliquer le principe de précaution.