EN IMAGES. Visitez le nouveau (et lumineux) palais de justice de Paris

Il accueille sa première audience lundi. Cet édifice de 160 mètres est le deuxième plus haut dans Paris intra-muros, après la tour Montparnasse.

De grands espaces et de la lumière. Le nouveau palais de justice de Paris va accueillir sa première audience, lundi 16 avril. Le tribunal de grande instance quitte ses murs historiques de l'île de la Cité pour cet édifice ultramoderne du nord-ouest de la capitale, dans le quartier des Batignolles. Une équipe de vingt personnes a travaillé pendant sept ans pour concevoir ce nouveau bâtiment, qui constitue le plus grand complexe de tribunaux en Europe. "Tout de suite, on a eu envie de détruire les symboles des anciens palais", résume l'architecte franco-suisse Bernard Plattner. Mais ce déménagement ne fait pas que des heureux : beaucoup d'avocats sont déjà nostalgiques du "vieux palais".

Envisagé depuis longtemps, le déménagement a été relancé en 2003 par le président Jacques Chirac. En 2009, son successeur, Nicolas Sarkozy, a tranché en faveur des Batignolles, dans le cadre du projet du Grand Paris. Le financement du tribunal prend la forme d'un partenariat public-privé (PPP). Le groupe Bouygues finance la construction du bâtiment et en assurera l'entretien et la maintenance pendant vingt-sept ans. En contrepartie, l'Etat versera un loyer pendant la durée du contrat, à l'issue duquel il deviendra propriétaire de l'édifice. Coût total : 2,35 milliards d'euros.

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Le nouveau palais de justice de Paris a été conçu par l'architecte italien Renzo Piano et son confrère franco-suisse Bernard Plattner. Avec ses 160 mètres de haut, ce bâtiment de 38 étages est la deuxième plus grande tour de Paris intra-muros, après la tour Montparnasse. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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"Les anciens palais [de justice] ont tous été construits avec le même modèle : les marches et la colonnade, une salle des pas perdus sombre. Nous étions convaincus que ce n'étaient pas les symboles de la justice du XXIe siècle", explique Bernard Plattner. Il a conçu un puits de lumière d'une superficie de 5 000 m². Hauteur sous plafond : 28 m. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Jusqu'à 9 000 personnes se rendront chaque jour dans ce bâtiment composé de quatre ensembles de verre superposés. "Il y a un accueil unique pour répondre à toutes les questions, un point d'accès au droit, des bornes, des guichets [d'accueil] un peu partout", décrit le président du tribunal de grande instance, Jean-Michel Hayat. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Un écran à l'entrée d'une salle d'audience. Les installations tranchent avec la vétusté de l'ancien palais de justice, où parfois, faute de place, le public pouvait à peine entrer. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Le nouveau palais de justice compte 90 salles d'audience, contre 26 dans l'ancien bâtiment. Dans sept salles d'audience civile, "il y a une table de justice ovale, dite 'en goutte d'eau', au lieu des tables de justice classiques, derrière des marches. Le juge, les avocats, les parties sont autour de la table, au même niveau et, tout de suite, ça donne une impression de justice apaisée, précise Jean-Michel Hayat. C'est inédit en France et on espère que ça va se développer dans les prochains tribunaux." CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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La salle Victor-Hugo sera utilisée pour les grands procès qui nécessitent beaucoup de places pour la défense et au moins 220 places pour le public. Le procès du Mediator devrait s'y dérouler. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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"Concernant les box vitrés [dans les salles de correctionnelle], nous souhaiterions que l'espace non vitré soit plus important, pour faciliter la communication entre le prévenu et son avocat", estime toutefois le président du tribunal, Jean-Michel Hayat. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Le quartier des Batignolles est toujours en chantier et devra attendre 2020 pour le prolongement de la ligne 14 du métro. "La ligne de métro 13, qui permet d'arriver à la porte de Clichy, est déjà saturée, regrette le président du tribunal, Jean-Michel Hayat. Et les rames du RER C ne sont pas assez nombreuses." CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP