XV de France : une charnière effacée, des avants conquérants, Thomas Ramos marque des points... Le bilan de la tournée d'automne

Les Bleus ont remporté leurs trois matchs en novembre, contre l'Australie, l'Afrique du Sud et le Japon. Malgré ce sans-faute, tout n'a pas été parfait.
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Charles Ollivon, Sekou Macalou et Maxime Lucu lors du match entre la France et le Japon, le 20 novembre 2022 à Toulouse. (MATTHIEU MIRVILLE / AFP)

A première vue, le bilan est idyllique. Victorieux contre l'Australie (30-29), l'Afrique du Sud (30-26) et le Japon (35-17), les Bleus ont réalisé un sans-faute sur cette Tournée d'automne. Mais dans le contenu, le XV de France n'a pas toujours été inspiré, et a même parfois frisé la correctionnelle. Voici les enseignements à retenir de ces test-matchs de novembre, à moins d'un an du Mondial disputé dans l'Hexagone.

Des avants à la hauteur dans le combat mais en difficulté sur les mauls

Attendu au tournant, notamment face à l'Afrique du Sud, le pack français est apparu au niveau. Quelques leaders de combat, parmi lesquels Julien Marchand, ont montré la voie. Ils ont été le symbole d'un XV de France moins reluisant et emballant qu'à l'accoutumée, mais tout aussi efficace. Les "gros" ont ainsi inscrit trois essais au près, dont deux contre les Springboks. Le retour au plus haut niveau de Charles Ollivon, omniprésent, a fait du bien en touche. Signe d'une osmose collective, la baisse de régime du leader Grégory Alldritt, face aux champions du monde, ne s'est pas ressentie.

De nouveau capitaine en l'absence d'Antoine Dupont, Charles Ollivon a bénéficié d'une superbe percée de Maxime Lucu, pour inscrire le deuxième essai du match. Thomas Ramos transforme l'essai et les Bleus mènent 21-3 face au Japon.

Seul bémol, en l'absence de la "poutre" Paul Willemse, le pack s'est fait secouer sur des ballons portés défensifs, en particulier contre l'Australie et l'Afrique du Sud (un essai encaissé). Le Montpelliérain a été secondé par Thibaud Flament, au profil moins puissant sur cette phase de jeu. Le retour de Romain Taofifenua, plus costaud, a fait du bien dans ce secteur contre le Japon.

Une charnière moins en vue malgré Jalibert

Ils sont, malgré eux, le visage d'un XV de France efficace mais moins fringant. Antoine Dupont et Romain Ntamack, prépondérants dans la quête du Grand Chelem, ont paru un ton en dessous. Le demi de mêlée, expulsé contre l'Afrique du Sud, a été quelconque contre l'Australie, car muselé par son vis-à-vis Nic White. Maxime Lucu l'a bien secondé face aux Springboks, mais a connu beaucoup de déchet sur sa seule titularisation face au Japon.

Quant à l'ouvreur toulousain, il était de retour de blessure et cela s'est vu. A court de rythme, il a joué sobrement les deux premiers matchs, avant d'être sur courant alternatif contre les Nippons. Le contraste avec les entrées de son concurrent Matthieu Jalibert, déterminant sur l'essai vainqueur contre l'Australie puis impliqué sur deux autres face au Japon, est saisissant. Le Bordelo-Béglais s'est à chaque fois régalé des espaces dans les défenses adverses en fin de match. "Sur l'émulation qu'il y a à ce poste, il confirme tout le bien que l'on pense de lui", a loué Fabien Galthié après le dernier match. De là à chambouler la hiérarchie de ce poste-clé à l'approche du Mondial, il n'y a qu'un pas...

Menée 25-29 jusque-là, la France s'en remet à une passe magique de Matthieu Jalibert pour l'ailier Damian Penaud ! L'ailier s'envole sur son aile droite pour marquer le deuxième essai français du soir. Les Bleus repassent devant à quelques minutes de la fin du match (30-29).

Une gestion parfaite des fins de matchs

A défaut d'être toujours maîtres de leur sujet, les Bleus ont brillé par leur gestion du "money-time". Menés à cinq minutes du terme contre l'Australie, ils n'ont pas paniqué pour construire, patiemment, l'essai de Damian Penaud (76e). Leur abnégation a été encore plus visible devant les Springboks : mis à mal en début de seconde période, ils se sont sublimés pour inscrire l'essai de la gagne (Sipili Falatea, 73e). Ces regains de forme sur les fins de matchs sont, aussi, à mettre au crédit des "finisseurs" si chers à Fabien Galthié. Cette constante traduit une certaine maturité chez ces Bleus qui, justement, avaient pêché plus d'une fois dans les dernières minutes au début du mandat du sélectionneur.

Sipili Falatea marque ce qui pourrait être l'essai de la victoire pour les Bleus ! Le XV de France mène désormais 27 à 26 face à l'Afrique du Sud. Thomas Ramos, tout près du sans-faute ce soir, manque malheureusement la transformation.

Thomas Ramos a marqué des points

Depuis le début de l'ère Galthié, l'identité du porteur du numéro 15 est mouvante. Anthony Bouthier et Brice Dulin se sont d'abord relayés, avant que Melvyn Jaminet ne gagne ses galons de titulaire. Mais privé de cette Tournée, l'ex-Perpignanais a peut-être perdu du terrain, tant il a été suppléé avec brio par son coéquipier à Toulouse, Thomas Ramos. L'arrière a converti 83 % de ses tentatives face aux perches (20/24) et s'est, surtout, montré à son aise dans le jeu courant. 

Adroit sur les chandelles, il a parcouru, en moyenne, 78 mètres avec ballon par match, le plus haut total français, contre 42 pour Melvyn Jaminet sur le dernier Tournoi. Constant sur les trois matchs, Thomas Ramos a saisi sa chance et postule clairement à une place de titulaire. La donne est d'ailleurs la même à Toulouse, où Melvyn Jaminet, arrivé cet été, dispute le poste à son compère.

De la casse, mais un réservoir encore profond

Déjà privé de François Cros ou Gabin Villière en plus de Melvyn Jaminet et Paul Willemse, le staff du XV de France a perdu Cyril Baille (aine), Thibaud Flament (commotion) et Gaël Fickou (cheville) en cours de Tournée. Ces absences, préjudiciables à première vue, ont permis à d'autres éléments de s'illustrer. Les bizuts Reda Wardi, Bastien Chalureau et Florian Veraeghe portent à 78 le nombre de joueurs utilisés depuis 2020. 

Certains intérims ont été particulièrement probants, à commencer par l'étonnant Sekou Macalou. Troisième ligne de formation, le Parisien a disputé soixante-huit minutes à l'aile contre l'Afrique du Sud. Et il ne s'est pas défilé : face à Cheslin Kolbe, il a été l'un des artisans du succès français. Le centre ou ailier Yoram Moefana, comme son oncle Sipili Falatea, ont aussi été à leur aise.

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